Exploiter les habitudes du cerf de Virginie

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la ferme du chasseur

Dans mes contacts journaliers avec des cerfs de Virginie d’élevage, j’ai pu observer leur comportement dans diverses situations. Laissez-moi vous raconter ce qui arrive quand on change les habitudes ou l’environnement d’un cerf de Virginie.

« Pour comprendre son comportement, il faut cesser de voir la forêt comme un être humain. »

Pour le cerf de Virginie, la forêt est comme sa maison. Il ne faut donc pas se surprendre s’il réagit quand on change les meubles de place (par exemple, ajout d’un stand mal camouflé ou d’une tente). Il détecte immédiatement le nouvel objet et n’a aucun intérêt à investiguer. Des milliers d’années de sélection naturelle ont aidé à éliminer la curiosité. À titre d’exemple, si j’ajoute des blocs de sel dans mes enclos, il faut plusieurs semaines avant que les cerfs se mettent à les lécher. Un peu comme quand on réaménage un pièce, nos réflexes nous poussent à être surpris les premières fois qu’on y retourne… Il faut un certain temps pour que notre cerveau classe l’information comme « normale ».

« Pensez-y… On vous catapulte dans la rue voisine sans raison apparente… Premier réflexe : retrouver votre divan, votre téléviseur et, surtout, votre frigidaire. »

Une autre observation touche le déplacement d’un cerf. Si je change un cerf d’enclos, il essaiera de retourner dans le secteur qu’il connaît. S’il est effrayé, même si des clôtures sont présentes, il essayera en longeant la clôture de trouver le moyen de rejoindre la « sécurité »…. sa maison. S’il panique, il peut même se frapper contre la clôture afin d’essayer de trouver le moyen de passer. Pensez-y… On vous catapulte pendant votre souper dans la rue voisine sans raison apparente… Premier réflexe : retrouver votre divan, votre téléviseur et, surtout, votre frigidaire. Contrairement à la croyance populaire, je crois difficilement qu’un cerf puisse abandonner un secteur à la suite d’une erreur causée par un chasseur. Il va revenir, plus méfiant, dans le bon sens du vent, mais il va revenir. Par contre, si vous répétez votre erreur jour après jour, vous allez alors changer son comportement. Imaginez que vos enfants passent toujours entre vous et le téléviseur (ce n’est pas trop difficile si vous en avez…). Allez-vous adapter votre environnement ou changer de place s’ils passent une fois? Toutefois, s’ils sont constamment en train de vous déranger, vous allez probablement vous installer au sous-sol. C’est la même chose pour les chevreuils.

En conclusion, je crois fermement en deux principes : il faut modifier au minimum l’environnement durant les dernières semaines précédant la chasse et il faut éviter de déranger à répétition les cerfs.

Pour ceux qui alimentent les chevreuils pendant la chasse, je recommande de placer une quantité suffisante de pommes et de carottes pour une longue période. J’essaie de placer des appâts pour deux semaines. Dans les secteurs bien occupés, ça représente de 10 à 15 poches d’appâts. Deux semaines avant la chasse, j’y retourne et je rajuste la quantité pour qu’il y en ait suffisamment pour ma chasse.

Concernant les caches ou les miradors, j’essaie de les installer un mois avant la chasse. Si j’utilise un mirador auto-grimpant pour surprendre le gibier, je l’installe le matin même de la chasse, dans un arbre que j’aurai choisi plusieurs semaines d’avance.

Bonne chasse!

Simon

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